Spontanée Groucho #3

J’ai accompagné Groucho sur une nouvelle séance.

Le premier / la première…

…vocation professionnelle

Je ne sais plus exactement quel a été mon premier métier de rêve mais je me souviens de quelques candidats à ce poste.

Cascadeur, le plus dangereux, quoique. J’étais fasciné par les chutes, les roulages, les défenestrations pleines d’éclats de verre. Je me souviens d’une émission sur TF1 qui montrait un tas de cascades…

Magicien-clown, le plus artistique. À chaque fois que mes parents recevaient des amis, je faisais un défilé de déguisements et je faisais des tours de cartes.

McGyver. Mais si, c’est un métier ! Et sans doute plus dangereux que cascadeur. Sa capacité à se sortir de n’importe quelle situation grâce à ses connaissances scientifiques et son astuce m’a inspiré mon goût des sciences.

Et enfin, inventeur, le plus réel, parce que j’ai compris plus tard que ça s’appelait ingénieur et que c’est ce que je suis devenu finalement.

…resto japonais

Non non non. Ça fait 57 ans que je mange cuit, héritant de milliers d’années de tradition culinaire depuis qu’on a découvert le feu, il est hors de question que je touche à ton poisson cru.

Tu m’entends Nadine ? Moi vivant, je ne mangerai pas de sushis ni de makis et autres zigouigouis ! Ouais, c’est ça, va bouder. Mais rapporte tes cochonneries crues. Enfin tes poissonneries…

Non mais oh… Elle m’emmerde celle-là. Le riz, l’avocat, j’aime bien, je dis pas… Les algues, bon, faut pas mourir con… Mais du poisson cru, beurk !

Merde, j’ai envie d’avocat maintenant. Fais chier… Bon, si je déroule ce truc, je peux récupérer l’avocat et hop ! Ahh, ça se désintègre, j’en fous partout. Allez, rien à foutre, je bouffe tout. Oh putain, c’est pas dégueu…

Nadine !

 

Spontanée Groucho #2

J’ai rejoint Groucho sur ses textes 2 et 3 du jour 7 :

Acrostiches

Temps : illimité

Pour
Oublier
Reboot
Ton
Esprit

P dans l’eau
O dans l’air
R à l’odeur de thé
T accompagné d’œufs
E pourri, ça sent le pet

Toujours en retard,
Rarement à l’heure,
Alors pour changer d’image on se rebaptise,
Inouï, c’est fou ça,
Non je ne m’y laisse pas prendre.

Je Ne Suis pas un astronaute,
Un Expert Astronome non plus,
Pourtant Papa Tu sais,
Ici Ton Univers, je ne me sens pas chez moi. Donne moi un
Téléscope, Un Radar et une fusée.
Et Non N‘essaye pas de me
Retenir, Elle Est si belle la galaxie…

Scriptoclip

Je réclamais une suite à l’histoire des lapins de Groucho et j’ai décidé de l’écrire pendant cet exercice.

Temps : 7 × 1 minute

Le noyau dur du groupe, le fer de lance de l’équipe, c’est Flocon et moi, Patapon. C’était notre devoir d’entrainer les autres dans notre quête de liberté. Mais Mistrigri et Bébert ce sont plutôt des suiveurs. C’est pas plus mal, à quatre meneurs, on aurait eu du mal à s’organiser. Là, c’est passé tout seul. J’ai lancé le mouvement, Flocon a pris la suite en nous embarquant dans le métro où nous avons évité les contrôleurs qui nous réclamaient un ticket de transport. Dès l’ouverture des portes du wagon, nous avons bondi vers la sortie ! À peine dix minutes de liberté et déjà deux courses-poursuites ! Était-ce donc ça la vie ?

Nous n’avons pas eu le temps de méditer très longtemps, une grand-mère nous voyant approcher lâcha son panier d’effroi. Panier qui renfermait un monstre canin qui sauta hors de sa prison tous crocs dehors ! Et là, surprise ! Mistrigri trouva un courage insoupçonné et s’empara du parapluie de la vieille dame et l’enfourna dans la gueule du molosse ! Celui là n’a pas un nom de matou pour rien…

Spontanée Groucho #1

Séance d’écriture spontanée avec Groucho.

Cornichon

Aujourd’hui, les inducteurs sont particuliers ! On est parti sur une contrainte Oulipo : le cornichon.

On choisit des mots dont les deux moitiés présentent un même rapport sémantique (par exemple le tout et la partie). On compose un  texte à partir de ces mots.

Le nom de la contrainte est emprunté à un exemple :  cornichon= corps+nichon.

Débutants en cornichon, nous avons relaxé la contrainte en oubliant le lien sémantique entre les parties. Et puis ce ne sont que des inducteurs, on n’est pas obligé de s’en servir.

Inducteurs :

  • romantique / Rome antique / roman tic / rot mantique
  • chapitre / chat pitre
  • vertige / verre tige / vert|vers|vair tige
  • oxymore / occis mort / occis maure / oh que si, mort
  • expert / ex-père / ex-pair
  • impair / nain père / imper

Temps : 10 minutes

Aujourd’hui on coupe les mots. Un coup de lame dans le cou, on peut. C’est autorisé même si la lame fait mal au mots et tant pis si c’est Toto la risée du groupe à la fin. Toto, du groupe, pas TOTO le groupe.

Toto n’est pas un expert ni un futur, puisqu’il ne prévoit pas d’avoir d’enfants. Pourtant Toto, dans le pré, voit des enfants, et parfois des faons.

Le faon sans cerf, sans père, alors que l’enfant sans père se perd. Et Toto dans son texte, s’en sert.

La confusion est palpable, ça sent l’idiot fondu au fond du trou.

De la tête aux pieds

Exercice différent : on prend une liste de mots et on doit les caser dans un texte. Mais pas n’importe quels mots ! On a encore été oulipiens et on a fait une échelle de mots. D’abord, il fallait faire se rejoindre TÊTE et PIED en changeant une lettre à la fois. Ensuite, on écrit un texte sans trop réfléchir en casant tous ces mots dans l’ordre.

Échelle : TÊTE → TÂTE → TARE → TIRE → PIRE → PINE → PINS → PIES → PIED

Temps : 9 minutes

Boite de nuit, grosses basses, stroboscopes. Ouille, ouille, ouille, ma TÊTE ! Grosse migraine. Je me masse les tempes et me TÂTE le front. Rien n’y fait. Cette sensibilité à la lumière, c’est une vraie TARE. Allez, je me TIRE avant que ce soit PIRE. C’est pas ce soir que je choperai, tant pis pour ma PINE. Un idiot me prend en photo et me mets son flash dans les yeux ! J’ai l’impression qu’on me perce le crâne avec les aiguilles de mille PINS, que mon cerveau est picoré par des PIES à la recherche d’or. Argh… Bon, au PIEU (bonus !) maintenant. Cette soirée, c’est vraiment pas le PIED.

PEL

Non, ce n’est pas un Plan Épargne Logement, c’est un Personnage-Émotion-Lieu ! Ça se joue à 3. Le premier choisit un lieu, le deuxième une émotion et le troisième, sans surprise, nomme le lieu. Nous n’étions que 2, nous avons pioché une émotion au hasard dans cette liste de sentiments. Groucho a donné le lieu, moi le personnage. Je préviens, on est dans le bon gros n’importe quoi pas très contrôlé.

PEL : Un poisson – Au défilé du 14 juillet – Ennuyé

Temps : 10 minutes

Personne n’était vraiment surpris. Ça faisait des décennies qu’on en parlait. Pourtant, il y avait quand même en côté incroyable à cette inexorable montée des eaux. Les côtés ont été grignotées petit à petit ainsi que les embouchures des fleuves. L’océan est entré dans les terres et a caressé les montagnes. L’humanité a migré vers les sommets et aujourd’hui, elle regarde encore l’eau qui monte.

Nous sommes en France, le 14 juillet. Plus précisément en Auvergne, c’est tout ce qu’il reste. On a laissé les Pyrénées aux espagnols et les Alpes aux suisses et italiens. Modernité oblige, ce sont des poissons militaires qui défilent devant les français aujourd’hui. Pendant la représentation, le général Turbot s’approche du président, l’air penaud. À travers son scaphandre plein d’eau, le poisson gradé gesticule en langue des signes à l’attention du chef d’état : « Je suis navré M. le Président, mais nous allons devoir annuler le feu d’artifice ce soir, on me dit que ce n’est pas très écolo ».

Écriture spontanée

Pendant un mois, Groucho pratique l’écriture spontanée, libre ou avec quelques contraintes. Quand je trouverai un peu de temps, je la rejoindrai dans ses délires bien encrés. Je vous invite à lire son article en entier pour comprendre de quoi il s’agit mais voici les points clés :

Les règles sont simples : écrire durant tout le temps imparti. Pas de ratures, aucune correction, l’écriture est sans filet. Le but est de lâcher prise et tant pis si le texte final n’a pas de sens.

Ce ne sont normalement pas des textes destinés à être publiés. Juste des esquisses de personnages, des bribes d’univers, des émotions brutes, des jeux de mots…

Vous comprendrez donc qu’on ne vient pas ici pour la qualité. On écrit pour s’amuser et aussi pour se décomplexer. Tout le monde écrit un peu n’importe quoi et est bienveillant donc c’est pas grave si on n’écrit pas sa meilleure prose.

Après un an sans compter de mots (ni en écrire d’ailleurs), je vous présente le fifty nouveau : Fifty #22.
Puisse-t-il être le premier d’une nouvelle série.